Partager l'article ! VILLANELLE ET AUTRE JEU POETIQUE: Deux poèmes d'une autre veine aujourd'hui. Le premier est une villane ...
Deux poèmes d'une autre veine
aujourd'hui.
Le premier est une villanelle, poème à forme fixe d'origine italienne et très en vogue au XVIè siècle, surtout prisée pour exprimer des sentiments amoureux ou d'aimables frivolités. Celle qui suit, dont le titre est un lamentable et inexcusable jeu de mots, se veut un hommage à l'éternel féminin.
LA VILLE EN ELLE
Elle porte la ville en elle,
Juchée sur ses hauts escarpins,
L'ombre de la femme éternelle !
Dans la flamme de ses prunelles,
Dans ses riches frou-frous urbains,
Elle porte la ville en elle.
Elle est postée en sentinelle
Entre bourgeoises et tapins,
L'ombre de la femme éternelle !
Par les boulevards, les venelles,
En dentelle et dessous rupins,
Elle porte la ville en elle.
Timide, prude ou péronnelle,
Elle a des airs de chérubin
L'ombre de la femme éternelle !
Je chanterai ma ritournelle,
Je lui servirai de larbin ;
Elle porte la ville en elle,
L'ombre de la femme éternelle !
(Meyrargues, le 23 janvier 2012)
Le second texte est un exercice poétique inspiré par la vision l'autre matin depuis la fenêtre de mon bureau, du champ qui s'étend derrière ma maison. Il y avait un peu de brouillard qui planait au-dessus de ce champ et dont l'épaisseur n'atteignait pas la hauteur de mon étage. Il se dégageait de ce spectacle une ambiance très étrange.
LE CHAMP DERRIERE CHEZ MOI...
Dans le champ derrière chez moi
Ne poussent que des herbes folles
Et des cailloux en farandole.
La lisière d'un petit bois
Cache une pimpante bastide
Entre la route et le canal.
Tout au fond coule le Réal
Qui promène son cours timide
Sous l'oeil attendri des pêcheurs.
De ce champ de terre et de friche
Un jour je surpris une biche
Venue savourer sa fraîcheur ;
Parfois un héron s'y repose
Avant de reprendre son vol
De gracieux avion au long col...
On y voit de drôles de choses
Flotter dans le matin brumeux,
Et des lumières fantastiques.
Des silhouettes fantomatiques
Vont sous le couvert cotonneux
Et s'estompent comme des ombres...
Dieu-sait parfois ce que je vois
Dans le champ derrière chez moi,
Tapi dans l'herbe et la pénombre !
(Peyrolles-en-Provence, le
24 janvier 2012)