Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 10:56

   Voici aujourd'hui deux poèmes très différents. Le premier est une petite ballade, clin d'oeil au grand Maître de ce genre que fut François Villon, qui est une interrogation sur le thème inépuisable du temps qui passe, et plus particulièrement sur l'incertitude du futur, que Dieu seul connaît. Mais sans doute, il est heureux qu'Il soit le seul à avoir certaines réponses à nos questions !

 

BALLADE DU TEMPS FUTUR

 

Dites-moi vers quelles contrées

Coulent les eaux de la rivière,

Quels paysages rencontrés

Au gré de toutes les lumières

Disparaîtront au cimetière

De l'oubli ou du souvenir ;

Par monts, prairies, sables et pierres,

Où vont les ruisseaux à venir ?

 

Où vont les années sinistrées

A coups d'espoirs jetés en bière ?

Et sous les ponts, enchevêtrées,

Les eaux bénites, les prières,

Partent vers d'occultes frontières

Pour ne plus jamais revenir,

Dieu ! depuis les heures premières,

Où vont les ruisseaux à venir ?

 

Vers quoi nos rêves émigrés

Portent leur quête aventurière,

Et quels veaux d'or idolâtrés

Répondront à l'heure dernière

Lorsque se cloront nos paupières

Sur la question du devenir ?

Où nous mène notre croisière,

Où vont les ruisseaux à venir ?

 

Seigneur du Ciel, sous Ta bannière,

Conduis nos pas vers l'avenir,

Qu'importe, et de quelle manière,

Où vont les ruisseaux à venir !

 

(Peyrolles-en-Provence, le 11 février 2012)

 

*Le second poème est beaucoup plus léger. Le thème abordé - il s'agit de certaine pièce vestimentaire, objet de bien des fantasmes - peut offusquer les lecteurs les plus prudes. J'invite donc ceux-ci à regarder ailleurs !

 

ODE A LA PETITE CULOTTE

 

Culotte de satin, de soie ou de coton,

Rose, blanche, diaphane ou encore à dentelles,

Blottie sous une robe ou sous un pantalon,

Avec des bas-résille, avec des jaretelles,

Qu'on l'appelle boxer, brésilienne ou tanga,

Elle porte l'espoir et les pensées secrètes

Qui traversent parfois l'esprit de tous les gars

Pour se loger ailleurs, dans un coin de braguette !

 

Le plus souvent cachée aux regards des curieux

Comme un dernier rempart à notre convoitise,

On l'imagine, on fait des songes luxurieux,

Et déjà, tout enfant, elle intrigue et attise

Un étrange intérêt qui nous pousse à lorgner

Par des ruses de Sioux sous les jupes des filles.

Nos cousines, à propos, ont quelquefois daigné

Lever un peu le voile au-dessus des chevilles...

 

Et si elle n'a plus désormais de secrets,

Si je l'ai vue souvent sous toutes ses coutures,

Aperçue sous l'effet d'un mistral indiscret,

Surprise aussi parfois en piteuse posture,

Ou même franchement, avec ostentation,

Révélée à mes yeux comme une offre galante,

Je ne puis me lasser de sa contemplation,

Fasciné par son charme et sa magie troublante !

 

Alors, ne jetez pas la culotte aux orties ;

Soignez-en l'attirance et l'intime mystère,

Ne la montrez pas trop : ce royaume interdit

Nous permet de rêver, il faut savoir le taire.

Rien n'est plus décevant que de n'en point porter,

  Car un derrière nu surpris sous une jupe

Laisse le goût amer d'un rêve dévasté,

D'une illusion perdue dans un marché de dupes !

 

(Peyrolles-en-Provence, le 9 février 2012)

 

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Par Vieux Loup
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