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Voici aujourd'hui deux poèmes très différents. Le premier est une petite ballade, clin d'oeil au grand Maître de ce genre que fut François Villon, qui est une interrogation sur le thème inépuisable du temps qui passe, et plus particulièrement sur l'incertitude du futur, que Dieu seul connaît. Mais sans doute, il est heureux qu'Il soit le seul à avoir certaines réponses à nos questions !
BALLADE DU TEMPS FUTUR
Dites-moi vers quelles contrées
Coulent les eaux de la rivière,
Quels paysages rencontrés
Au gré de toutes les lumières
Disparaîtront au cimetière
De l'oubli ou du souvenir ;
Par monts, prairies, sables et pierres,
Où vont les ruisseaux à venir ?
Où vont les années sinistrées
A coups d'espoirs jetés en bière ?
Et sous les ponts, enchevêtrées,
Les eaux bénites, les prières,
Partent vers d'occultes frontières
Pour ne plus jamais revenir,
Dieu ! depuis les heures premières,
Où vont les ruisseaux à venir ?
Vers quoi nos rêves émigrés
Portent leur quête aventurière,
Et quels veaux d'or idolâtrés
Répondront à l'heure dernière
Lorsque se cloront nos paupières
Sur la question du devenir ?
Où nous mène notre croisière,
Où vont les ruisseaux à venir ?
Seigneur du Ciel, sous Ta bannière,
Conduis nos pas vers l'avenir,
Qu'importe, et de quelle manière,
Où vont les ruisseaux à venir !
(Peyrolles-en-Provence, le 11 février 2012)
*Le second poème est beaucoup plus léger. Le thème abordé - il s'agit de certaine pièce vestimentaire, objet de bien des fantasmes - peut offusquer les lecteurs les plus prudes. J'invite donc ceux-ci à regarder ailleurs !
ODE A LA PETITE CULOTTE
Culotte de satin, de soie ou de coton,
Rose, blanche, diaphane ou encore à dentelles,
Blottie sous une robe ou sous un pantalon,
Avec des bas-résille, avec des jaretelles,
Qu'on l'appelle boxer, brésilienne ou tanga,
Elle porte l'espoir et les pensées secrètes
Qui traversent parfois l'esprit de tous les gars
Pour se loger ailleurs, dans un coin de braguette !
Le plus souvent cachée aux regards des curieux
Comme un dernier rempart à notre convoitise,
On l'imagine, on fait des songes luxurieux,
Et déjà, tout enfant, elle intrigue et attise
Un étrange intérêt qui nous pousse à lorgner
Par des ruses de Sioux sous les jupes des filles.
Nos cousines, à propos, ont quelquefois daigné
Lever un peu le voile au-dessus des chevilles...
Et si elle n'a plus désormais de secrets,
Si je l'ai vue souvent sous toutes ses coutures,
Aperçue sous l'effet d'un mistral indiscret,
Surprise aussi parfois en piteuse posture,
Ou même franchement, avec ostentation,
Révélée à mes yeux comme une offre galante,
Je ne puis me lasser de sa contemplation,
Fasciné par son charme et sa magie troublante !
Alors, ne jetez pas la culotte aux orties ;
Soignez-en l'attirance et l'intime mystère,
Ne la montrez pas trop : ce royaume interdit
Nous permet de rêver, il faut savoir le taire.
Rien n'est plus décevant que de n'en point porter,
Car un derrière nu surpris sous une jupe
Laisse le goût amer d'un rêve dévasté,
D'une illusion perdue dans un marché de dupes !
(Peyrolles-en-Provence, le 9 février 2012)