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JUSTIFICATION DE LA PARESSE
Dieu a créé le monde en six jours et s'est reposé le septième.
Depuis, Il n'a pas repris le travail.
Devant un tel exemple, comment voulez-vous que j'aie envie de bosser !
Après cette réflexion humoristique qui m'est venue subitement hier alors que précisément je cherchais à trouver un petit job pour arrondir les fins de mois, petit pied-de-nez à l'attitude bien-pensante qui veut que l'on glorifie le travail, passons maintenant à la louange des choses simples qui, si l'on sait s'en contenter, sont un des ingrédients qui permettent, sinon d'accéder au bonheur, du moins à une vie harmonieuse. Voici donc les
STANCES A LA NATURE
J'aime surprendre l'envol d'un perdreau,
Croiser dans l'herbe un bond de sauterelle
Ou le regard inquiet d'un lapereau,
J'aime le loup, l'omble et la tourterelle...
J'aime le chêne, admire le roseau,
Le lys, l'ajonc, même l'ortie sauvage,
Les grands sapins comme les arbrisseaux,
J'aime l'odeur des algues du rivage.
J'aime me perdre au plus profond des bois,
Errer sans but sur d'incertaines traces,
Dormir dehors avec le ciel pour toit
Et le sol dur comme simple terrasse.
La mer, la vague et l'horizon lointain
Bercent aussi mes rêves de partances,
Un frêle esquif aperçu le matin,
Et j'ai le coeur qui se met en vacances !
Le froid, le vent, la neige des sommets
Me font chanter au Seigneur des louanges
Pour relever leur défi s'il promet
De beaux combats sous le regard des anges !
J'irais aussi marcher dans le désert
Ou m'égarer sur les glaces polaires
Pour m'accorder au merveilleux concert
Des éléments en fête ou en colère.
Et si demain faveur m'était donnée
D'aller au loin tutoyer les étoiles
A travers ciel, sans penser aux années,
Sans hésiter je mettrais à la voile.
Mais j'aime aussi le modeste plaisir
De parcourir un sentier débonnaire
Près de chez moi et flâner à loisir
Dans la douceur d'un instant solitaire.
Ou simplement, en caressant mon chien,
Voir le soleil se coucher sur la plaine
Et, entouré de l'affection des miens,
M'émerveiller du vol d'une phalène...
(Peyrolles-en-Provence, le 7 février 2012)
Et puis pour conclure sur une note légère, voici un haiku inspiré par un petit accident domestique récent où, ayant entrepris de me couper une tranche de pain, j'en ai profité pour me trancher résolument le pouce, haut-fait qui m'a valu une visite-éclair au service des urgences de l'hôpital d'Aix-en-Provence et quelques points de suture...
J'ai tranché dans la viande :
Etait-ce une offrande,
ou pieuse demande ?
(Puyricard, le 30 janvier 2012)