Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 17:13

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Je ne parle pas d'une quelconque guerre ; je sais très bien que tant qu'il y aura des hommes, il y aura toujours des guerres. Mais justement, y aura-t-il toujours des hommes? D'après un certain calendrier maya, tout devrait s'arrêter le 21 décembre 2012.

    Nous devrions donc vivre notre dernière année !

    Il paraît que peu de gens seront sauvés, et le petit village de Bugarach, dans l'Aude, serait un des rares endroits épargnés par la fin du monde... D'où une affluence jamais connue de toutes sortes d'illuminés dans cette paisible bourgade !

    Je suis plutôt sceptique quant à moi, au sujet de cette apocalypse annoncée. Mais allez donc savoir... Les voies du Ciel sont impénétrables !

   En tout cas, cette fin du monde m'a inspiré un poème assez "vengeur", de la veine de ceux que j'écrivais dans ma jeunesse au temps où j'avais un peu flirté avec l'idéal anarchiste. Mais cette fois, c'est au Tout-Puissant que je laisse le soin de régler les comptes...

 

Le Jour de la Rétribution

 

La dernière ronde s'achève

Cette année, selon les Mayas,

Et tout n'aura été qu'un rêve

Pour les rois et pour les parias...

Nous avons insulté le Ciel,

Bâti des cités sur du vide,

Elevé des tours de Babel,

Construit de fières pyramides,

Nous nous sommes vus immortels.

 

Nous avons cru nous rendre maîtres

De la terre et de l'univers,

Défié la nature pour mettre

Tout l'ordre du monde à l'envers.

Pauvres vermisseaux que nous sommes,

A péter plus haut que le cul !

Demain, restera-t-il des hommes

Quand tout cela aura vécu ?

Qui alors croquera la pomme ?

 

Nous avons fait des guerres saintes

Et signé des traités de paix,

Conclu des alliances feintes,

Scellées par le sang et l'épée ;

Nous avons mis en esclavage

Des peuples entiers d'innocents

Parce qu'on les disait sauvages

Et que nous étions les puissants...

Sans doute, mais pas les plus sages !

 

On a brûlé au nom de Dieu,

Brandi la Croix et l'anathème,

Parlé de Royaume des Cieux,

Massacré, en disant "Dieu t'aime" !

Par le vil pouvoir de l'argent

Nous avons asservi nos frères

Et fait aumône aux indigents

De beaux discours et de prières,

Mais Dieu reconnaîtra Ses gens...

 

Le jour de la Grande Lessive,

Il faudra se faire petit,

Et s'il est écrit qu'il arrive

Cette année, tant mieux ! Les nantis

Crèveront avec leurs richesses

Comme on crève d'indigestion :

Etouffés par leur propre graisse,

Et ils payeront l'addition

Sur les deniers de leurs bassesses !

 

(Arles, le 2 janvier 2012)

 

Et puis voici un haiku écrit hier soir, alors que nous nous trouvions tout à coup bien seuls à la maison, tous nos enfants et petits-enfants qui avaient passé les fêtes de Noël et de fin d'année chez nous ayant regagné leurs bases respectives...

 

La maison est bien vide,

et les heures livides

jouent avec nos rides

 

(Peyrolles-en-Provence, le 2 janvier 2011)

 

Enfin - que les yeux trop chastes détournent leur prude regard de ces lignes impertinentes - je ne peux résister à la tentation de vous infliger deux autres acrostiches polissons.

Le premier prénom est une variante de Régine, en beaucoup plus chic selon mon goût.

Le second n'est certainement pas porté par une foule de dames, et au moins aucune de mes connaissance ne risque de s'y reconnaître ! Il s'écrit le plus souvent avec un K, mais j'avoue que débuter un vers avec cette lettre rendait  la tâche fort ardue ! Ce prénom fut porté au VIè siècle par une sainte bretonne qui eut sept enfants. Ce qui prouve qu'avoir été sainte ne l'a pas empêchée d'avoir vu le loup !

 

Reconnaissez, messieurs, que j'ai beaucoup de classe,

Et que des dessous chics me siéront à ravir.

Je vois déjà briller une lueur salace

Au fond de vos prunelles, et j'entends vos soupirs...

Ne soyez point craintifs : osez une caresse,

Et que sous mon jupon votre main disparaisse !

 

(Peyrolles-en-Provence, le 31 décembre 2011)

 

C'est vrai qu'on peut ausi l'écrire avec un "K",

On ne peut cependant exiger l'impssible !

Une fois cela dit, discutons de mon cas :

Peut-être n'avez-vous de cul plus disponible

A ce jour contemplé ; eh bien, il est à vous !

Il est ferme et dodu, et toujours accessible,

A qui l'invitera pour les jeux les plus fous !

 

(Arles, le 2 janvier 2012)

Par Vieux Loup
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